Arte dei Suonatori

La rencontre d’Alexis Kossenko et d’Arte dei Suonatori est un peu le fruit du hasard… ou plutôt d’une recommandation (par le hautboïste Eduard Wesley) pour une Passion de Bach. Plus qu’un choc musical, cette rencontre fut la révélation d’un idéal commun, porté par une confiance absolue et un investissement passionné. Il n’est pas si courant aujourd’hui qu’un “cacheton” occasionnel évolue en une amitié véritable : Arte dei Suonatori est devenu la deuxième famille d’Alexis et Alexis un de ses membres les plus influents. Le jeune Français fit une telle impression sur l’orchestre (pourtant habituellement associé aux stars du monde baroque, comme Martin Gester, Reinhard Goebel, Rachel Podger, Eduardo Lopez Banzo, Hidemi Suzuki), que les musiciens immédiatement envisagèrent une collaboration régulière allant bien au-delà du simple répertoire de flûte.

Alexis est donc devenu, non seulement l’un des solistes d’Arte dei Suonatori, mais aussi un de leurs chefs favoris, une personnalité dont l’influence se révéla cruciale dans le développement de l’orchestre, sous tous ses aspects.

Il est impossible de décrire en quelques mots l’aventure d’Alexis Kossenko et d’Arte dei Suonatori, sans mentionner un nombre incalculable d’heures de répétitions et de concerts, mais aussi d’interminables échanges, débats, controverses stylistiques et discussions personnelles et intimes.

En France et en Europe, Alexis s’est fait connaître par ses concerts et enregistrements, autant comme soliste que comme membre d’orchestres majeurs (La Chambre Philharmonique, le Concert d’Astrée, Le Cercle de l’Harmonie, etc…) ; il est aujourd’hui considéré comme l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Mais en Pologne ses innombrables concerts et les retransmissions radiophoniques en ont fait un des musiciens français les plus célèbres et appréciés.

Au fil des années, Alexis Kossenko et Arte dei Suonatori ont fait entendre un autre son dans la musique de Vivaldi, CPE Bach, Zelenka, Purcell, Rameau et Charpentier ; leur parcours est jalonné de collaborations précieuses (avec des artistes tels que Maria Keohane, Magali Léger, Maria Sanner, Marek Rzepka), de témoignages discographiques célébrés (intégrale des concertos de CPE Bach et bientôt Vivaldi, pour Alpha), d’étapes aussi prestigieuses que le Château Royal de Varsovie, la Filharmonia Narodowa de Varsovie, le Festival de Bruges ou la Cité de la Musique à Paris.

Alexis a énormément contribué à l’établissement des festivals d’Arte dei Suonatori, et le formidable succès des festivals de Wroclaw, Torun, Poznan et Paradyz doit autant à ses idées originales qu’à son engagement. Plus que de simples festivals, il s’agit de véritables laboratoires qui permettent aux artistes d’expérimenter, de risquer, et de définir les orientations de leur collaboration.

Qui sait, en ces temps difficiles, comment cette amitié (nous ne parlons plus de collaboration) va se développer. Une seule chose est certaine : elle restera toujours idiomatique, originale et fructueuse car basée sur quelque-chose qui va bien au delà d’un simple rapport  à la musique… Même si c’est à travers la musique qu’elle se révèle au public.

Arte dei Suonatori

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