Carl Philip Emanuel BACH – Concertos pour flûte II

Carl Philip Emanuel BACH (1714-1788)
Concerto pour flûte en la mineur Wq 166
Concerto pour flûte en ré majeur Wq 13
Concerto pour flûte en la majeur Wq 168

Alexis Kossenko : flûte & direction
Arte dei Suonatori

       

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Critiques

Voilà des œuvres dont aucun mélomane sérieux ne peut se dispenser : ces concertos sont à compter parmi les plus extraordinaires que l’on puisse entendre. (…) Alexis Kossenko, sur une flûte de Jean-Jacques Melzer d’après un original de Quantz, est tout simplement étonnant. Ses capacités techniques vertigineuses sont en elles-mêmes à couper le souffle (sans jeu de mot). Mais il y a tellement plus que la virtuosité pure, la technique de souffle, la précision d’intonation. Le son qu’il produit est absolument naturel, pur, égal, et la moindre note – quel que soit le registre ou la nuance – est parfaitement contrôlée, d’un bout à l’autre de l’ambitus de l’instrument. Et quiconque pense que la flûte n’est pas un instrument très expressif se contentera d’écouter Kossenko interpréter les mouvements lents ; Mozart lui-même aurait eu une opinion différent sur la flûte s’il avait pu entendre Kossenko. (…) Je ne peux imaginer ces concertos par des interprètes autres que Kossenko et Arte dei Suonatori. Cette recommandation vaut obligation d’achat.
FANFARE (2009) – Jerry Dubins

Ce deuxième et dernier volume des concertos pour flûte de C. P. E. Bach, attendu après un brillant premier, ne déçoit pas. Dès les premières mesures, le caractère enflammé, Strum und Drang, transparaît ; mais dès l’entrée du soliste on entend que le disque ne sera pas non plus uniforme. Et l’on aurait peine à imaginer interprétation plus variée, plus colorée, plus sensible aussi, que celle de l’Arte dei Suonatori. Les cordes sont incisives, et peuvent même aller jusqu’à la violence (à un point tel que cela en devient inquiétant) ; le clavecin ponctue avec énergie les accents ; et le soliste contraste. Comme le note avec justesse la notice de présentation, dans ces concertos, le sens latin de concertare, combattre, se fait parfois jour. Ainsi, à la brutalité effrénée de l’orchestre répond une flûte tout en douceur, presque suppliante, au premier mouvement du Concerto en la mineur. Mais l’orchestre et le soliste peuvent aussi se trouver sur la même longueur d’onde, comme par exemple dans l’allegro initial du Concerto en ré majeur, où règne une ambiance un peu bravache, un rien vantarde, et où la flûte vient exhiber ses talents.Les mouvements lents sont tout à fait remarquables de poésie. Ici, dans le largo con sordini du Concerto en la majeur, la flûte, tout en désespoir et retenue, déambule dans une atmosphère sombre et hostile de cordes dans le grave ; là, dans le Concerto en ré majeur, c’est une tristesse éperdue qui ne tombe cependant jamais dans l’excès ; enfin, dans l’andante du Concerto en la mineur, c’est une tendresse délicate et pleine de fraîcheur. Les derniers mouvements retrouvent souvent une alliance moins belliqueuse entre l’orchestre et le soliste, souvent empruntée de malice (allegro assai du Concerto en ré majeur), mais jamais dénuée de sensibilité (dernier mouvement du Concerto en la majeur).
Alexis Kossenko nous offre une interprétation raffinée et toujours nuancée, pleine d’une virtuosité stupéfiante dans certains mouvements rapides (le premier du Concerto en la mineur et ses périlleuses doubles croches !), d’une délicatesse touchante dans les mouvements lents, d’une facilité apparente mais rassurante (les triolets du derniers mouvement du Concerto en la majeur) dans les derniers mouvements. Le son de cette flûte Quantz copiée par J. J. Melzer est beau, plein et rond, et Alexis Kossenko s’autorise même parfois, en certains endroits stratégiques, un vibrato qui ne manque pas de grâce. Derrière lui, avec lui ou contre lui, l’orchestre l’Arte dei Suonatori est à sa mesure : précis, souvent incisif, mais sachant donner aussi un son décharné dans certains mouvements lents. Des nuances impressionnantes, un phrasé exemplaire, et un esprit d’ensemble même dans les brefs passages a solo de tel instrument (par exemple l’alto) qui doublent parfois brièvement le soliste. Emporté comme le laisse attendre l’éruption volcanique qui fait la couverture du disque, illustrant à merveille l’Empfindsamkeit de Carl Philipp Emanuel Bach, l’ensemble de l’enregistrement témoigne d’une parfaite maîtrise technique sans qu’il y paraisse (cacher l’art par l’art même) et connaissance du langage si subtil du plus connu des fils du Cantor de Leipzig. Sans doute appelé à devenir la version de référence de ses œuvres.
MUSEBAROQUE.FR (2009) – Loïc Chahine

Le jeu étourdissant d’Alexis Kossenko, d’une virtuosité et d’une liberté extraordinaires, rend justice à l’invention de Carl Philipp Emanuel Bach. Si vous aimez être entraîné dans des tourbillons de couleurs, bousculé sans ménagement par des déferlements rythmiques, surpris par des extraversions théâtrales, alors ce second volume vous comblera. Alexis Kossenko et l’Ensemble Arte dei Suonatori, jouant sur instruments anciens, nous poussent à la découverte de trois partitions contrastées, brillantes et qui laissent filtrer quelques éclairs romantiques. Le ton est donné dès les premières mesures chargées d’électricité du Concerto pour flûte Wq.166, avec une violence rythmique qui éclate sans fard en un torrent furieux de doubles croches asséné par les cordes. Alexis Kossenko révèle dans les envolées virtuoses une liberté exceptionnelle.
CLASSICA-LE MONDE DE LA MUSIQUE (2009) – Jean-Noël Coucoureux

Voilà que trois ans après nous avoir servi un délicieux premier volume de concertos pour flûte de Carl Philipp Emanuel Bach, l’Arte dei Suonaturi nous remet le couvert. Les ingrédients demeurant inchangés – mêmes musiciens, même lieux, même ingénieur du son -, ce second service excite nos papilles sensorielles pareillement que le précédent. Dès le mouvement d’introduction du Concerto en la mineur, l’orchestre d’instruments anciens séduit par son impétueuse vivacité. Frémissant et prêt à bouillir comme le lait sur le feu, mais lorsqu’il le faut, calme et discipliné comme une sauce mijotée, ils parviennent une nouvelle fois à extraire le caractère mi-ange, mi-démon de cette musique gastronomique. Bien évidemment, le chef flûtiste Alexis Kossenko ne veille pas seulement au bon assaisonnement. À la fois juge et partie, il s’acquitte de sa charge avec brio. Aussi, sa confrontation instrumentale avec l’orchestre se manifeste avec force et virtuosité. Elle s’opère toujours dans le plus pur esprit concertant, avec le souci du relief et de l’harmonie, et surtout, sans inhibition. On connaissait le compositeur C. P. E Bach comme un être émancipé, avec cette équipe, on le découvre comme un être visionnaire. À travers cette très belle réalisation, sa musique reflète l’expression d’un homme de goût et d’un artiste bien inspiré. Précisons que la tonicité de la prise de son d’Hugues Deschaux nous permet d’en goûter les moindres saveurs. Aussi, je parierais que ceux d’entre vous qui avaient craqué pour le volume I ne manqueront celui-ci sous aucun prétexte. Toutefois, inutile d’espérer avoir du rab, car c’est le dernier de la série.
AUDIOPHILE MELOMANE (2009) – Thierry Hervé

Les trois concerti que l’on trouve ici permettent au jeune flûtiste Alexis Kossenko de libérer la force, la dynamique, le feu d’un compositeur qui « ouvre sous les doigts et le souffle de l’interprète des abîmes expressifs vertigineux ». Cet incroyable abîme des affects s’ouvre dans un tourbillon de cordes aux attaques franches, qui viennent dès l’allegro assai du Concerto en la mineur Wq 166, annonçant la rudesse du combat. Car ce concerto, plus qu’une discussion entre amis, est une lutte où s’exprime toute la violence des relations humaines. Concerter, c’est combattre. Le jeu du flûtiste s’allie à sa direction pour souligner jusqu’à l’extrême les tensions de cette musique. Avec une virtuosité inouïe, le souffle maîtrisé et le doigté qui se joue des difficultés, il se heurte aux attaques directes des cordes et à leurs couleurs très marquées. L’ensemble Arte dei Suonatori crée une dynamique éruptive venant chahuter, bousculer, la rhétorique sensuelle et généreuse de la flûte. Les interprètes de ce CD font du mélancolique largo du Concerto en la majeur Wq 168 un instant « à fleur de peau ». Le dialogue instrumental s’y fait plus sensible à la nuit. Les cordes et le clavecin y deviennent implorants et les couleurs de la flûte plus sombres et profondes. La douleur y est particulièrement bouleversante et on se laisse surprendre sans pathos par ces paysages intérieurs. Tout au long de cet enregistrement les musiciens sculptent avec fureur une pâte sonore qui chahute les formes musicales. Ils réussissent avec brio à nous faire percevoir l’originalité et la force de l’œuvre de Carl Philipp Emmanuel Bach.
RESMUSICA.COM (2009) – Monique Parmentier

Arte dei Suonatori et en soliste un formidable Alexis Kossenko, complètent une intégrale impeccable, condition sine qua non dans des œuvre pleines de difficultés techniques et d’enjeu expressif. Tel un oiseau qui vous échappe continuellement des mains, en particulier dans le premier mouvement survolté du Wq.166, Kossenko ne se laisse jamais submerger par l’orchestre ; il fait preuve d’un naturel expansif, mais jamais dur, avec une conduite de souffle éminemment vocale dans les mouvements lents. L’orchestre polonais montre à nouveau que sa réputation n’est pas usurpée : il y fait preuve de la présence mélodique, harmonique et rythmique nécessaire dans ces oeuvres où l’ensemble n’est jamais relégué au simple rang d’accompagnateur.
DIVERDI.COM (2006) – Pablo del Pozo

 




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