Antonio VIVALDI – Concertos pour flûte

Antonio VIVALDI (1679-1741)
Concertos pour flûte traversière
RV 435 (op.10/4) – RV 440 – RV 436
RV 432 – RV 438 – RV 428 “Il Gardellino”
RV 429 – RV 434 – RV 427 – RV 430
Alexis Kossenko : flûte & direction
Arte dei Suonatori
Alpha 174

Alexis Kossenko prend le temps d’écouter battre le cœur de la musique du Prêtre roux et lui confère ainsi une portée réellement émouvante, ce petit rien qui reste inaccessible à beaucoup mais qui, ici, irradie de toutes parts : la poésie.
PASSEE DES ARTS – Jean-Christophe Pucek

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Critiques

Comme l’explique Alexis Kossenko dans la notice du disque, qui doit être saluée comme un modèle d’érudition souriante dont beaucoup gagneraient à s’inspirer, les concertos pour flûte traversière de Vivaldi posent un certain nombre de problèmes ardus, qu’il s’agisse de leur transmission au travers de manuscrits quelquefois lacunaires ou d’éditions corrompues, de leur date de composition, et même du type d’instrument pour lesquels ils ont été conçus. (…) L’impression qui se dégage de cette anthologie est globalement lumineuse, d’un indiscutable raffinement, faisant la part belle à cet élément qui assure aujourd’hui son succès à la musique de Vivaldi et que d’autres choix esthétiques n’auraient sans doute pas souligné avec autant de justesse, le chant. Qu’elles gazouillent, insouciantes et plumes au vent, ou s’épanchent en ouvrant grand les bras à la mélancolie (Largo du Concerto en ré majeur, RV 427), ces œuvres demeurent toujours hantées par le souvenir de la voix et en rapportent l’écho, diffus ou plus manifeste, jusqu’à l’auditeur.
Alexis Kossenko et Arte Dei Suonatori livrent, dans ces concertos, une prestation qui n’appelle que des éloges. L’orchestre Polonais et le soliste se connaissent bien, ayant produit, toujours chez Alpha, deux disques de la plus belle eau consacrés à Carl Philipp Emanuel Bach. Leur complicité est d’emblée évidente et l’on sent bien qu’un des piliers de la réussite de ce disque réside justement, au-delà d’indéniables qualités individuelles, dans la capacité que ces dernières ont de fusionner pour faire vivre la musique dans un même souffle. Alexis Kossenko aurait pu, fort d’une technique assez éblouissante, tirer la couverture à lui ; il fait, tout au contraire, assaut d’humilité et tisse un véritable dialogue avec ses partenaires, ne jouant jamais la surenchère ou l’effet de manche facile. L’orchestre est incisif et dynamique, mais il déploie également de très belles couleurs et un discours très souple qui n’oublie jamais de chanter. On est, et c’est heureux, très loin du Vivaldi taillé à la serpe, dans lequel l’agitation tient lieu de propos, qu’on nous sert encore trop fréquemment. Soliste volubile au brillant jamais clinquant, à la sonorité pétillante, charnue et charmeuse en diable, chef que l’on devine aussi attentif qu’exigeant et précis, Alexis Kossenko met ses capacités au service de Vivaldi avec un naturel confondant. Son interprétation pourra peut-être paraître trop sage à ceux qui goûtent des versions cravachées à train d’enfer, mais c’est justement son équilibre, sa clarté, une certaine douceur sans alanguissement qui, à mes yeux, en fait tout le prix. Plutôt que dévaler les partitions, le flûtiste prend le temps d’écouter battre le cœur de la musique du Prêtre roux et lui confère ainsi une portée réellement émouvante, ce petit rien qui reste inaccessible à beaucoup mais qui, ici, irradie de toutes parts : la poésie. La vision qu’il signe avec ses compagnons se révèle ainsi un petit miracle d’intimité, aux splendides reflets moirés et envoûtants.
Aux amoureux de Vivaldi et, plus largement, de musique baroque, je conseille chaleureusement ces Concerti per il flauto traversier débordants de tendresse et d’intelligence, portés par des Suonatori en pleine possession de leurs moyens et un Alexis Kossenko en état de grâce. Parfait antidote à la morosité, ce disque propice aux rêves rend parfaitement justice à un compositeur dont on escamote trop facilement aujourd’hui la dimension sensible.
PASSEE DES ARTS (2010) – Jean-Christophe Pucek
http://www.passee-des-arts.com/article-vivaldi-le-poete-concerti-per-il-flauto-traversier-par-alexis-kossenko-61319529-comments.html#anchorComment

Après avoir enregistré pour Alpha deux volumes consacrés à C.P.E.Bach et couronnés de succès, Alexis Kossenko retrouve l’ensemble Arte dei Suonatori dans une série de dix concertos de Vivaldi pour flûte traversière. Si les mérites de la version d’Emmanuel Pahud sur flûte moderne ont été loués dans ces colonnes, cette nouvelle version sur instruments anciens est à accrocher au firmament des gravures de musiciens qui possèdent à la fois une vision aigüe, claire et personnelle des oeuvres et les moyens de l’exprimer. Tout s’entend, rien ne se ressemble, les partis pris sont affirmés, savent surprendre et convaincre, le détail, ciselé, sert la ligne, les motifs respirent, le phrasé, les enchaînements et les plans sont limpides, les jeux rythmiques sont exacerbés avec malice, l’ornementation est pur plaisir et l’articulation diversifiée à souhait, l’invention abonde, les idées fourmillent, les tempos convainquent, l’orchestration enchante par son équilibre comme par ses couleurs, les timbres et caractères foisonnent. Citons notamment la grâce d’un premier Allegro et la rêverie évanescente d’un Largo (RV 434), la pompe cédant à l’inspiration la plus tendre (RV 427), la liesse et le bucolique (RV 429), l’intelligibilité (RV 435), la liberté d’un duo enchanteur (Largo du RV 430), la maturité, les tensions et les timbres (RV 438), ou la persistence du populaire (RV 436). Le contenu du livret est un modèle du genre.
CLASSICA (2010) – Pascal Gresset

Chez Kossenko, l’indifférence est inimaginable. Le swing formidable dans le finale du RV 427, l’engagement vigoureux aux parfums d’Espagne des RV 429 et RV 436, les phrasés élégants, la diction précise, le continuo réactif sont un enchantement permanent.
DIAPASON (2010) – Roger-Claude Travers

Ce disque est une réussite indéniable à plusieurs titres : d’abord il s’agit d’une démarche raisonnée avec un véritable projet artistique : retrouver le caractère chantant, le naturel de beaucoup de ces concertos et, surtout, nous faire découvrir l’étonnante diversité de climats qu’ils restituent. Ensuite, il y a la qualité de l’interprétation : la finesse, l’agilité, la musicialité du flûtiste sont indéniables. (…)
Alexis Kossenko est un musicien complet, passionné par son travail sur la flûte baroque et romantique et il a l’intelligence de ne pas céder aux sirènes de la facilité. Sa virtuosité pourait le conduire à enregistrer ces concertos au pas de charge en jouant “vite et fort” comme se plaisent à faire nombre de jeunes ensembles baroques. Tout au contraire, il exploite ses incroyables facilités techniques au service d’une lecture raisonnée avec une volonté constante d’équilibre de la forme, de restitution des nuances pour nous révéler l’extraordinaire richesse d’écriture de ces concertos. Mission pleinement accomplie. Ce disque fait incontestablement partie des coups de coeur 2010 du Poisson Rêveur.
LE POISSON RÊVEUR (2010) – Philippe Delaide
http://lepoissonreveur.typepad.com/le_poisson_reveur/2010/12/alexis-kossenko-redonne-fra%C3%AEcheur-et-naturel-aux-concertos-pour-fl%C3%BBte-dantonio-vivaldi-.html
 

La prestation que nous offre Alexis Kossenko est là pour nous fait prendre conscience que les usages répétés ne constituent pas une règle de pérennité. L’originalité et la force de cette nouvelle lecture, c’est qu’avec elles la musique du Vénitien gagne en naturel, pour ne pas dire en authenticité. D’une conception sensiblement moins alambiquée, sa consistance musicale n’en est pas moins impressionnante. Un souffle délicat et raisonné, une colonne d’air svelte et fluide de même qu’un son articulé et transparent parviennent sans mal à contenir d’éventuels instincts démonstratifs. À l’unisson, l’Arte dei Suonatori ne souffre par conséquent d’aucun reproche – il faut dire que le caractère communicatif de ces Concertos pour flûte traversière a de quoi motiver les troupes ! Ajoutons à ce tableau idyllique que le livret signé de la main même du concertiste est un modèle de clarté et d’érudition. Au moment de conclure, il apparaît clairement qu’avec ce disque magnifique, Alexis Kossenko continue de s’imposer comme l’un des flûtistes les plus intéressants de la scène actuelle. Et ce n’est certainement pas Vivaldi qui nous dira le contraire. Comme quoi, cela ne sert à rien de vouloir aller plus vite que la musique !
AUDIOPHILE MELOMANE – Thierry Hervé
http://audiophilemelomane.free.fr/html/baroque_ins/baroque_ins10/disque114.html





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